Le livret des parents: la parentalité positive gagne du terrain

Publié le 5 Avril 2016

A quelques jours de la 13è Journée de la non violence éducative (qui aura lieu le 30 avril), voici une avancée considérable en France.

C'est la grande nouvelle. Beaucoup (pour ne pas dire tout le monde) en parle depuis 24 heures. Cela faisait plusieurs mois que je l'attendais. Maintenant il est là! Je parle évidemment du "livret des parents" édités par la CNAF (Caisse Nationale des Allocations Familiales) et la MSA (caisse de Mutualité Sociale Agricole).

16 pages distribuées aux futurs parents à l'occasion du 5è mois de grossesse. 16 pages pour résumer les droits et devoirs de parents. 16 pages pour mettre en avant l'éducation bienveillante.

 

Pourquoi je suis satisfaite?

- Pour moi c'est très encourageant. Cela veut dire que l'éducation bienveillante, la parentalité positive, l'éducation sans VEO (appelez ça comme vous voulez)... deviendra la norme! Car, il faut bien se l'avouer ce n'est pas encore le cas. Je suis très heureuse que Laurence Rossignol prenne au sérieux le fait d'inscrire la non-violence dans la préparation à la naissance. On trouve dans ce livret un rappel de l'existence de l'entretien prénatal précoce ainsi que "sept séances de préparation à la naissance et à la parentalité vous seront proposées au cours de la grossesse. L’entretien prénatal précoce et les sept séances qui suivent sont intégralement pris en charge par l’assurance maladie.​" On peut donc aisément imaginer que dans ces 8 séances prises en charge par l'Etat, de nombreux cours sur la parentalité positive, le fonctionnement du cerveau d'un enfant...seront donnés.

- Dans ce livret on assiste à une reconnaissance des difficultés que chaque parent peut recontrer. On désacralise l'image du parent idéal qui saurait tout faire sans aide ni préparation. Ce n'est pas un accouchement qui fait de nous un parent. Être parent, ça s'apprend. Le livret précise, à juste titre, qu'il "n’y pas de modèle ni de recette".

- L'enfant y est abordé comme un individu à part entière... avec un besoin d'affection! Des douces personnalités comme Catherine Gueguen ou encore Isabelle Filliozat doivent être satisfaites de lire que l'on reconnaît ENFIN l'affection (l'attachement....) comme un besoin au même titre que l'alimentation ou le sommeil. "Se nourrir, dormir, être en contact avec vous et ressentir votre affection sont  ses premiers besoins." "Les pleurs sont le seul moyen d’expression  dont votre bébé dispose pour exprimer  les différents états qu’il traverse (la faim,  la soif, la fatigue, un besoin de câlins,  un inconfort…". On rappelle que l'enfant a besoin de jouer, d'attention, de temps...

- Concernant les punitions corporelles, cette initiative gouvernementale s'inscrit clairement CONTRE. "Frapper un enfant (fessées, gifles, tapes, gestes brutaux) n’a aucune vertu éducative. Les punitions corporelles et les phrases  qui humilient n’apprennent pas à l’enfant  à ne plus recommencer, mais génèrent  un stress et peuvent avoir des conséquences  sur son développement. Sans culpabiliser les parents qui, à un moment, n’ont pas imaginé d’autres solutions, il est possible de trouver des appuis dans les lieux de soutien à la parentalité pour une éducation sans violence."

- J'aime aussi le fait que ce livret veille à ne pas faire l'amalgame entre bienveillance et laxisme, rappelant que l'enfant a besoin d'un cadre. Dans ce livret il est noté que "Fixer des règles et des limites, c’est sécuriser votre enfant". Gardons tout de même en tête que Isabelle Filliozat énonce que dans la parentalité positive, on donne des règles, pas des limites. C'est une nuance qui a son importance...

 

Points à travailler selon moi:

- On aborde ici les punitions corporelles... mais qu'en est-il des punitions tout court? des violences psychologiques, humiliations et autres chantages?

- Pour lutter contre les punitions corporelles on fait référence à des "lieux de soutien à la parentalité"... Mais les personnels qui gèrent ces lieux sont-ils bien tous réellement formés à la bienveillance?

- pourquoi ne l'envoyer qu'avant la naissance d'un 1er enfant? Je me doute bien qu'il y a ici une histoire de coût... Mais n'oublions pas que l'on peut (pour ne pas dire "on se doit") de toucher des "déjà parents". Je ne compte plus les exemples de parents de mon entourage qui ont pu appliquer des types d'éducations relevant de la VEO (Violence Educative Ordinaire) pour le(s) aîné(s) et qui ont fait du chemin et se sont ouvert à la bienveillance pour le(s) enfant(s) suivant(s).

- quid des parents qui adoptent? Pourquoi n'auraient-ils pas le droit à ce livret?

- Dans les "sites utiles" en dernière page, la citation de l'émission "Les Maternelles" n'est peut-être pas des plus pertinentes. Cette émission peut tantôt défendre la parentalité positive en invitant Catherine Gueguen, comme s'en éloigner profondément en invitant un pédopsychiatre s'éloignant de cet état d'esprit, Marcel Rufo. D'autre part, j'aurais apprécié des pistes sitographiques plus variées (citer un site de parentalité positive donnant des outils par exemple) ainsi que des pistes bibliographiques succintes (Catherine Gueguen par exemple).

 

En bref, tout n'est pas parfait mais je suis heureuse de cette initiative gouvernementale. Il y a encore du chemin afin que les violences physiques et psychologiques soient éradiquées en France. C'est pour moi un petit pas pour les enfants mais un grand pas pour la bienveillance. L'article de madame le Figaro publié hier rappelle d'ailleurs le "doublement des moyens pour aider la parentalité" : "Le ministère des Familles, de son côté, rappelle que ce livret - qui vise à donner « des repères-clés » aux parents - a été rédigé en concertation avec la Fédération nationale de l’école des parents et des éducateurs et l’Unaf (union nationale des associations familiales). Mais aussi que les moyens dédiés à la politique d’accompagnement à la parentalité ont doublé, passant de 50 millions d’euros annuels en 2012 à 100 millions d’euros annuels dans la COG (convention d’objectifs et de gestion conclue entre l’État et les caisses nationales de la branche famille) pour la période 2013-2017." ... Reste donc à savoir si les moyens financiers et humains seront mis derrière pour assurer! J'avoue que j'attends de voir ce que ça donne. Je suis satisfaite de cette belle initiative mais je ne m'emballe pas trop non plus.

 

Le voici en téléchargement (format pdf):

 

Rejoignez-moi sur Facebook.

Le livret des parents: la parentalité positive gagne du terrain

Rédigé par Maman Chameau

Publié dans #Bienveillance - ENV

Commenter cet article

Bouvier Fr 06/04/2016 19:20

Génial!

Anonyme 06/04/2016 12:55

Enfin ... Quelle Bonne Nouvelle !

Garance 06/04/2016 11:21

Wouah je suis ravie aussi!

Isa LISE 06/04/2016 07:27

Merci pour ce partage, je partage à mon tour ! Bonne journée !