1er Mars 2017 : L'engagement interministériel dans la lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019

Publié le 1 Mars 2017

"Les violences faites aux enfants sont encore trop souvent reléguées au rang de  « faits divers » ou dissimulées au sein des foyers. Malgré les mises en lumière médiatiques fréquentes, la conscience de la réalité des violences et la capacité à les prendre en compte, ne semblent pas progresser dans l’opinion publique.  Mobiliser la société dans son ensemble, les familles et les professionnel.le.s pour mieux lutter contre les violences faites aux enfants est une étape indispensable dans le combat que la France mène contre les violences. En signant la Convention des droits de l’enfant, la France s’est engagée à « assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être ». Ce plan vient ainsi compléter les dispositions législatives et réglementaires existantes en matière de lutte contre les violences faites aux enfants. C’est en changeant le regard que la société porte sur ces violences qu’elles reculeront. Ce plan propose des actions visant à sensibiliser, responsabiliser et mobiliser chaque citoyen en matière de prévention et de repérage des violences."

Aujourd'hui, mercredi 1er mars 2017, Laurence Rossignol présente le plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019. Si vous avez le courage, vous pouvez lire les 70 pages dudit plan ici... Sinon, voici un petit résumé.

Le plan (3 ans) s'organise autour de 4 axes:

- Axe 1 : Améliorer la connaissance et comprendre les mécanismes des violences
Autrement dit  : "Rendre visible les violences pour mieux les combattre.
Pour lutter efficacement contre les violences faites aux enfants et mobiliser l’ensemble de la société, il faut, au préalable, les rendre visibles. Il convient de connaître leur ampleur et d’en comprendre les mécanismes. L’amélioration des connaissances sur les violences faites aux enfants est nécessaire au pilotage d’une politique interministérielle et transversale."

- Axe 2 : Sensibiliser et prévenir
"La mobilisation de tous dans la lutte contre les violences.
Une société sans violences est une société qui ne tolère aucune forme de violences, qu’elles soient physique ou psychique, qu’elles soient « éducative » ou « punitive ». Il est de la responsabilité de chaque citoyen de prévenir et de lutter contre toutes les violences faites aux enfants."

- Axe 3 : Former pour mieux repérer
"Le repérage des violences, un premier pas vers la protection.
Le préalable à toute protection est le repérage des violences subies par un enfant. Chaque victime de violences présente des signaux qui doivent alerter les professionnel.le.s. Ces signaux varient selon l’âge des victimes, le type de violences, leur caractère répétitif… Les professionnel.le.s qui travaillent au contact quotidien des enfants doivent savoir repérer ces signes de souffrances et les signaler."

- Axe 4 : Accompagner les enfants victimes de violences
"Libérer la parole et reconnaître les victimes pour mieux les protéger.
Les violences envers les enfants altèrent durablement leur santé physique et mentale. Plus elles seront repérées et prises en charge précocement, plus leurs conséquences seront atténuées. Dire et dénoncer les violences subies, être reconnu.e en tant que victime sont aussi la condition du bien-être dans la vie adulte."

 

 

La campagne de communication, destinée à sensibiliser, responsabiliser et mobiliser chaque citoyen pour mieux prévenir et repérer les violences faites aux enfants, faite d'affiches et de vidéos, est visible ici.

1er Mars 2017 : L'engagement interministériel dans la lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019

"Ce déni collectif face aux violences faites aux enfants est renforcé par l’absence de données statistiques" est-il écrit. De plus, ces violences taboues, sont encore trop souvent "reléguées au rang de faits divers ou dissimulées au sein des foyers". Ce plan révèle un manque de reconnaissance et d'accompagnement. Ce premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants, présenté aujourd'hui par Laurence Rossignol, constitue donc une avancée porteuse d'espoirs. Ce plan contient 23 mesures et a pour objectif de venir compléter les diverses dispositions législatives et réglementaires existantes.

Ce plan "vise à sensibiliser, responsabiliser et mobiliser chaque citoyen en matière de prévention et de repérage des violences". Son slogan vous le retrouverez un peu partout, le voici : "Au moindre doute, agissez".

Les principales mesures sont expliquées ici.
- Le recensement des cas de maltraitance. L'absence de statistiques officielles est révoltante. De ce fait, le plan va instaurer un recensement statistique annuel (à partir de janvier 2018) du nombre d'enfants décédés à la suite de violences intrafamiliales.

- Sensibiliser au syndrome du bébé secoué. Parfois des homicides sont dissimulés sous cette appellation. D'autre part, le carnet de santé sera prochainement mis à jour, développant la conduite à tenir en cas d'énervement lié aux pleurs de bébé. En tant que parent nous savons tous à quel point c'est dur et se faire aider est important.

- Lever le tabou de l'inceste. Le ministère souhaite entre autre mener une réflexion sur les délais de prescription des crimes sexuels commis sur mineurs (un rapport contenant des propositions sera remis fin mars à Laurence Rossignol).

- Prévenir les drames. en améliorant les dispositifs existants car les enfants morts de violences intrafamiliales ont généralement fait l'objet de violences répétées. Il y a une vraie carte à jouer pour améliorer l'efficacité et la communication entre toutes les institutions concernées. Là encore j'attends de voir ce que cela va donner en termes de moyens (par exemple pour l'ASE).

- Promouvoir une éducation bienveillante. L'objectif est d'offrir un réel soutien à la parentalité. J'ai hâte de découvrir la suite car je suis réellement impliquée dans cette action. En attendant , le livret "première naissance" actuellement envoyé durant le 5e mois de grossesse aux futurs parents sera enrichi (bébé secoué, conséquences des violences sur l'enfant, limitation du temps passé devant les écrans chez les tout-petits). On apprend également que courant mars, un autre livret sera envoyé, mais cette fois ci à destination des parents d'adolescents (dès 11 ans), pour les aider à traverser ensemble cette période. Là encore, j'ai hâte de le lire...

- Des campagnes d'information et de sensibilisation promouvant notamment le numéro vert 119 – Allô Enfance en Danger seront mises en avant.

- Mieux repérer et prendre en charge les enfants en danger. Il est prévu la mise en place de médecins référents concernant les violences faites aux enfants dans tous les hôpitaux (sur la base du volontariat). Les professionnels en contact avec les enfants seront formés pour détecter et savoir quelles conduites adopter face à ces violences.

- L'exposition des mineurs à la pornographie. Il suffit de surfer sur l'internet pour se rendre compte que l'accès à ce type de sites est facile. De ce fait, le gouvernement compte renforcer la sensibilisation, mobiliser les fournisseurs d'accès, et développer de nouveaux moyens techniques.

En bref, ce plan est porteur d'espoir. Entre prévention et formation auprès des personnes concernées...

"Chaque mort d’enfant liée à des violences révèle une carence, qu’elle soit institutionnelle, sociétale ou familiale, pouvant être liée à un grand isolement ou à une absence de réactivité."

N'hésitez pas à me rejoindre sur Facebook, Twitter, et Instagram.

Rédigé par Maman Chameau

Publié dans #StopVEO, #Bienveillance - ENV

Commenter cet article

anoyme 05/03/2017 09:06

soutenons cette mesure qui est des plus importante pour nos enfants.

SOUTIEN 05/03/2017 09:03

IL FAUT QUE TOUT LE MONDE SE SENTENT CONCERNER PAR CE PROBLEME QUI PEUT ARRIVER SANS QUE L'ON SACHE

Haydee 02/03/2017 17:40

Il faudra cependant que la police et les tribunaux suivent et cessent de classer sans suite les dossiers, sans même le moindre début d'instruction! En fait, en France, "il n'y a pas de cas de maltraitance" car les signalements n'aboutissent pas. Et pour la justice, ce qui ne fait pas l'objet d'une ouverture de procédure, n' a jamais eu lieu..... Mieux, ce sont les personnes qui font les signalements qui sont poursuivis ! Résultat : tout le monde se tait!!

Chantal 08/03/2017 04:12

Tu as totalement raison la preuve je suis en plein dedans.la parole de l'enfant ne compte pas dans les tribunaux tant qu'il n'y a pas de preuve physique.les procureurs préfèrent croire la parole d'adulte.a croire qu'un enfant invente des choses et l'adultes est le sain

Anne-Claire 01/03/2017 20:35

Merci pour le partage! J'ai entendu la nouvelle à la radio dans la voiture en rentrant du boulot... Tellement d'étapes à franchir, j'ai été effrayé d'entendre le peu d'études sur ce sujet tellement important pour tous!