L'anxiété ou angoisse de séparation chez le tout-petit... un caprice, vraiment?

Publié le 10 Janvier 2016

Quelques petits mots sur l'anxiété de séparation, phénomène "normal" et  qui ne relève pas du caprice comme certains se complaisent à le dire... L'angoisse de séparation que l'on nomme généralement "angoisse du huitième mois" prend sa source dans le développement psychique de l'enfant. Ce dernier croit qu'une chose cesse d'exister lorsqu'elle n'est plus dans son champ de vision.

 

 

L'anxiété ou angoisse de séparation chez le tout-petit... un caprice, vraiment?

Dans le contexte de sa survie, c'est naturel: son attachement à nous est son moyen de survivre. Nous sommes sa source d'approvisionnement en nourriture à la fois terrestre et affective. Lorsqu'il atteint un certain stade de maturité intellectuelle, il le sait.
Cette phase de l'enfance, comme tant d'autres, passera. Avec le temps, notre tout-petit apprendra qu'il peut se séparer de nous, que nous reviendrons à coup sûr, et que tout ira bien dans l'intervalle.

Elizabeth Pantley, Elle est où maman?, JC Lattès

L'anxiété de séparation est la "peur ou l'appréhension éprouvée par un enfant lorsqu'il est séparé d'un de ses parents ou de toute autre personne signifiante".

Source: Stedman's Medical Dictionary

 

Ce qu'il faut savoir sur l'anxiété de séparation:

- c'est naturel pour un enfant d'éprouver cette anxiété lorsqu'il est séparé de sa figure principale d'attachement.

- cette anxiété révèle que l'enfant a pu atteindre une nouvelle étape de son développement émotionnel et mental.

- il n'existe pas de "cause" précise: le parent n'a rien fait et il n'aurait rien pu faire pour empêcher l'apparition de cette anxiété.

- il n'y a pas de règle d'âge ni de caractère systématique. Certains enfants expriment cette anxiété tôt, d'autres plus tard, et d'autres encore jamais. Pour les uns c'est un phénomène bref, pour les autres l'anxiété s'installe durablement.

- l'anxiété est un indicateur de développement intellectuel. En effet, l'enfant a maintenant la conscience de pouvoir impacter sur son monde.

- anxiété de séparation et peur de l'étranger sont intimement liées.

 

Comment repérer cette anxiété de séparation?

Les symptômes sont variés, mais on peut en lister quelques uns:

- l'enfant pleure si son parent est hors de son champ de vision.

- l'enfant a peur des étrangers ou proches qu'il ne voit que rarement.

- l'enfant peut se réveiller la nuit (pleure ou appelle).

- la résistance aux couchers du soir et de la sieste est une forme d'appréhension de la séparation.

- ...

 

Comment aider notre enfant à passer ce cap sereinement?

Chaque enfant est unique, chaque famille est unique, chaque anxiété de séparation est unique... Les agissements pour prendre en charge cette angoisse sont donc singulièrement spécifiques à l'enfant. On peut par exemple:

- aider notre enfant à prendre confiance en son monde.

- dire à l'enfant qu'on le comprend. En se mettant à la place de l'enfant on peut aisément se dire que ce dernier n'a pas choisi de ressentir cette anxiété, qu'il n'aime pas ce sentiment et qu'il souhaiterait certainement s'en débarrasser. Une phrase comme "être angoissé est normal, je t'aime et je te fais confiance pour gérer cela" pourrait rassurer l'enfant.

- exprimer les choses positivement envers notre enfant. Ainsi, au lieu de lui présenter la séparation comme un éloignement on peut verbaliser ce fait  en le voyant comme un rapprochement vers d'autres personnes plutôt qu'une séparation stricto sensu.

- partir sans dire au-revoir à l'enfant est déconseillé, ou partir pendant son sommeil. Dans la même veine, "forçer" les séparations n'est sans doute pas une méthode bienveillante.

- le jeu et notamment tout ce qui se rapproche des notions de permanence de l'objet sont de bons moyens d'apprendre que l'on peut très bien ne pas se voir mais se retrouver illico presto (les "coucous cachés" par exemple).

- la patience...

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Rédigé par Maman Chameau

Publié dans #Inclassable, #Bienveillance - ENV

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Azalée Anthémis 19/04/2016 16:37

Partir sans dire au revoir : jeudi je dois me faire opérer et je devrais partir vers 6h45 maximum 7h de chez moi pour être à l'heure à l'hôpital et je ne reviendrais que samedi matin. Ma fille a six mois et demi. Je lui ai déjà bien expliqué tout ça, mais.. devrais-je la réveiller le jeudi ? ou lui dire au revoir le soir ? je suis un peu perdue j'ai tellement peur qu'elle le vive mal et qu'elle m'en veuille :(

Louise 11/01/2016 03:04

Mon fils a 15 mois, il se met à pleurer dès que l'on dit au revoir, bonne nuit ou à plus tard/à bientôt (c'est assez dingue, même quand on lit une histoire où il en est question), et donc bien évidemment quand quelqu'un part (pas forcément son papa ou moi). Très soucieux d'éducation bienveillante nous essayons de lui expliquer qu'on va revenir, qu'après la nuit le jour se lèvera et qu'on reverra tout le monde et toutes les choses à qui on dit bonne nuit etc.

A votre avis sommes-nous dans la bonne voie ? Des conseils supplémentaires ?

Et autre chose : il s'endort presque toujours au sein (je suis un peu son doudou en quelque sorte) ou en écharpe, donc on le pose ou on part alors qu'il dort... comment l'éviter ou n'est-ce finalement pas si grave ? J'essaie vainement et maladroitement de transférer avec un doudou mais il n'accroche pas...

Je sais bien que vous n'avez pas réponse à tout mais vous avez de l'expérience et nous avons les mêmes lectures donc vos conseils me seront précieux (contrairement à des conseils brutaux de certains proches...).

Merci pour vos articles !